Partager l'article ! Archives Grain de sel N°3 du 7 juin 2011 au 21 février 2012: Mardi 21 février 2012 Le Carnaval bat son plein à la galerie Gagosian ...
Le blog de Christine Sourgins
Merci à Agnès E. pour ses remarques de professionnelle du costume et du cinéma.
Le tag est une pratique qui suscite des réactions contrastées. Art d’aujourd’hui pour les uns ; exemple de la confusion des genres pour les autres, quand sous la houlette de Jack Lang, cette activité, née dans la rue pour la rue, fut détournée vers le musée et la marchandisation.
Ce phénomène est loin d’être un simple jeu, parfumé d‘interdit. Il y a le tag et le graff, ce dernier demande plus de recherches graphiques, jusqu’à la 3D ; il peut être lié à des groupes
en compétition dans la rue et…sur internet où la guerre de territoires fait rage. Le tag est plus individuel, c’est une signature, le jeune l’appose le plus en vue possible, le plus souvent
possible : autoroute, train, métro, et son nom voyage fantasmatiquement d’un bout à l’autre du continent.
Enflure de l’ego, assurément. Ecoutez un jeune sorti de « l’enfer du tag » comme d’autres de la boisson, et vous mesurerez à quel point cette pratique est une addiction : du matin au soir, c’est une obsession, chaque intervention est préparée comme un défi à relever, dans une sorte de « toujours plus » qui peut finir par de gros ennuis avec la police et la justice… Décrocher est difficile, tant le mental s’accoutume et réclame sa dose d’adrénaline, suivie du contentement d’avoir épaté, non la galerie, mais la rue, la rame, la ligne, et pourquoi pas la planète entière. S’y ajoute une soumission sans vergogne à une américanisation caricaturale : un bon graff se doit de causer « globish ». Mes sympathiques interlocuteurs revendiquaient une identité française…un slogan yankee à la main. De quoi laisser songeur : cette activité réputée transgressive porte à incandescence, bien au contraire, les valeurs d’une société férocement marchande : esprit de compétition, médiatisation forcenée, conduite addictive, appropriation de l’espace privé comme publique sur le mode « du plus fort ou du plus malin qui a toujours raison ». Pas de quoi empêcher de dormir les multinationales qui veulent breveter le vivant par exemple.
*cf « Une bombe contre les marques », article de H. Gonzales in Les Inrockuptibles du 28.09.11, pages 76 à 80.
La revue Nuances publiée par l’ARIPA*, ( Association pour le Respect de l’Intégrité du Patrimoine Artistique), est incontournable pour les professionnels de la restauration mais également fort utile aux amoureux de l’Art, qui peuvent ainsi comprendre pourquoi des tableaux de musées ont l’air soudain « lessivés ». Son dernier numéro éclairera tous ceux qui s’interrogent devant les Pélerins d’Emmaüs de Véronèse, oeuvre conservée au Louvre : le nez de la mère de famille s’allonge, tel Pinocchio, depuis 2004, avec une nouvelle poussée en 2009... La revue n’hésite pas, photos à l’appui, à mettre les plus grands musées en face de leurs responsabilités : elle prône le savoir-faire mais aussi le savoir ne pas faire, car il est des remèdes pire que les maux et des restaurations qui virent à l’exécution. A la lecture de « Nuances » on comprend combien l’Art trop contemporain, qui prise les couleurs vives, peut influencer les restaurateurs : la tentation est grande pour eux de « créer l’événement » en rénovant de manière « flashy » un vieux tableau afin de lui donner un coup de jeune et d’attirer les médias par une différence criante avant/après.
Nuances signale en outre une nouvelle forme de restauration « virtuelle » : il s’agit de projeter sur le tableau une image spécialement conçue pour
donner l’illusion que le tableau a retrouvé son aspect d’origine. Depuis 10 ans un procédé similaire colorise à l’aide d’images numériques les sculptures jadis peintes de certaines
cathédrales.
Le procédé a été utilisé pour 5 toiles de Rothko offertes à Harvard. Les couleurs pourpre avaient viré au gris et en 1979 les Rothko avaient été décrochés
et remisés. L’image projetée rétablit donc la couleur pourpre. Ce subterfuge rachète une faute de conservation car, en la matière, Rothko n’est pas à blâmer. Certes, il avait utilisé un
nouveau pigment synthétique le Lithol Red, qui a viré, mais celui-ci était à l’époque certifié bon teint par les scientifiques les plus renommés. Le peintre utilisait sinon une technique
classique et saine (toile, colle animale, essence, huile.. ) et refusait tout vernis protecteurs (alors que les conservateurs américains ne juraient que par les vernis synthétiques… qui
sont devenus gris opaques et difficiles à dissoudre ). La catastrophe du pourpre qui vire au gris ne serait pas arrivée si les intentions de Rothko avaient été respectées : il demandait
une lumière tamisée, qui conférait à ses toiles un caractère mystérieux. Harvard les mis en plein lumière… près de baies vitrées….!
Facilement réversible, la restauration virtuelle ne devrait pas poser problème, pourtant elle bafoue à nouveau les intentions de l’artiste : « Rothko
ne se serait pas soucié que (ses peintures) paraissent vieilles et fanées ». « Il avait une grande déférence pour les œuvres des maîtres anciens, la manière dont-elles
s’assombrissaient avec l’âge et prennent un aspect si noble, imposant. De cette manière, vous concevez les peintures anciennes comme des survivants, comme des êtres vivants », a déclaré
une de ses amies, une historienne de l’art reconnue. Les peintres, à l’instar de Victor Hugo qui défendit qu’on dépose de la musique sur ses vers, devront-ils interdire de plaquer
du numérique sur leur travail ?
Les œuvres dégradées de Rothko servent donc à créer des œuvres virtuelles, où « l’erreur est expiée par le miracle technologique, l’irréparable est transformé en triomphe ».
Un autre article donne à réfléchir sur un type d’éclairage fort séduisant qui se multiplie « quand les musées disposent de trop d’argent" et de technique : le spot projette alors sur le tableau un rectangle lumineux de la taille exacte de la toile. L’image peinte paraît alors se détacher du mur, elle semble léviter. On pourrait y voir un désir, via la technique, de réintroduire « l’aura de l’œuvre », perdue au XXème siècle comme Benjamin l’avait analysé. La revue Nuance y voit plutôt un procédé qui rattache perfidement la peinture « aux images virtuelles rayonnant sur les écrans plats de nos ordinateurs et de nos télévisions ». « Les conservateurs, professionnels de la culture, se rendent-ils compte que ce petit gadget annihile ainsi plusieurs siècles de culture artistique ?».
Il ne s’agit pas, pour autant, de refuser toute avancée technique. Car, de la mésaventure de Rothko, la revue Nuances tire une leçon de sagesse. Puisque les conditions de présentation peuvent corriger les problèmes de perception d’une œuvre, inutile d’intervenir drastiquement sur des œuvres fragiles. Le jaunissement de certains vernis pourrait alors être atténué par une teinte assourdie pour les murs environnants, l’œuvre étant éclairée par une lumière légèrement chaude : on ne devrait donc plus « lessiver » les vernis. Cette correction chromatique reconstitue tout simplement les conditions dans lesquelles les peintures étaient présentées à l’époque de leur création.
En restauration aussi « la sobriété heureuse » est de mise…
Christine Sourgins
*Pour tout renseignements sur « Nuances » : aripa@laposte.net
Mardi 13 décembre 2011
Les augures de l’Art contemporain ne peuvent plus se regarder sans rire !
Nicole Esterolle vient d’attribuer le prix Fayot de la meilleure critique d’art ( un gros haricot en bronze de chez Cartier et signé Claude Viallat,), au critique du Monde Phillippe Dagen pour son article du 1er décembre « Maurizio Cattelan, saint patron des subversifs ».
Ce prix est hautement mérité. Ph. Dagen est pourtant sans illusion sur l’enfant chéri des milliardaires : « l'Italien Cattelan compose avec l'Américain Jeff Koons, le Britannique
Damien Hirst et le Japonais Takashi Murakami le quatuor des artistes célébrissimes dont les collectionneurs dits "prescripteurs" - François Pinault en France, Eli Broad aux Etats-Unis, Dakis
Joannou en Grèce - accumulent et exposent les oeuvres très coûteuses. » Mais voilà que le journaliste du Monde gobe toute la stratégie de com de Cattelan, présenté comme un quinqua sympa,
sportif, sans façon. Dagen allant jusqu’à croire que « du reste, la "com'" n'est pas son fort. Cattelan se méfie des questions et du questionneur ». Et pardi, Cattelan est cauteleux,
car c’est un communicant roublard ! Ils sont tous aussi futés, les journalistes au Monde ?
Puis viennent les flagorneries artistiques : « Cattelan est en effet ce que l'on appelle un grand professionnel (…) il manifeste un souci obstiné de la mise en forme. Il
faut que les mannequins - à son effigie, celle de Jean-Paul II ou d'Hitler - soient d'une exécution impeccable, les postures naturelles, les vêtements véridiques ». « Son activité ne
se conçoit donc pas sans des spécialistes de différents métiers ». On aimerait là, de la part d’un journaliste du Monde, un peu plus de courage ou d’informations : c’est grâce à Daniel
Druet, cliquez sculpteur ancien prix de Rome, que l’exécution est impeccable. Tout critique d’art qui se respecte devrait au moins poser le problème :
et si, au fond, l’artiste c’était Druet… Cattelan n’étant qu’un simple commanditaire mais homme d’affaires avisé ?
Cattelan serait aussi courageux politiquement, en effet, c’est fort de tirer sur une ambulance nommée Berlusconi: « En avril, il n'avait pas de mots assez durs pour Silvio
Berlusconi et ce qu'il a fait de l'Italie aux yeux du monde ». Les lecteurs qui pensent que Cattelan est à l’art ce que Berlusconi est à la politique…auront du mal à saisir l’enthousiasme
de Dagen.
« En 2001 déjà, (Cattelan) secouait les spectateurs avec Him, Hitler agenouillé dans la position de la prière. En 2007, il a imaginé Ave Maria, trois bras sortant du mur pour un
salut fasciste - pas vraiment une oeuvre de nature à plaire à tous dans son pays natal. » Bien sûr, pour expliquer, justifier, on a droit à l’incontournable « J'ai été élevé dans une
famille très catholique, j'ai été enfant de choeur » dit Cattelan. Autrement dit, puisque j’ai mangé la soupe, j’ai le droit de cracher dedans. Mais Dagen est perdu dans son apologie
:« C'est cette manière d'appuyer là où ça fait mal qui convainc de le considérer comme un bouffon, mais dans la meilleure tradition des bouffons ». Il faut d’urgence relire
les historiens : de tout temps le Bouffon est au service du Roi qui l’entretient. Enfin, il y a la tirade sur un Cattelan naïf à l’insu de son plein gré: «Il ose comme malgré lui, sans
vouloir mesurer les conséquences de ses inventions » et ainsi « pour préserver une apparence d'innocence » . Philippe Dagen est-il le pseudonyme de Richard Virenque
quand il écrit dans le Monde des articles en roue libre ?
Cattelan, qui sait qu’il tient sa dupe, vend la mèche : "Je pourrais vous affirmer maintenant le contraire de ce que j'ai soutenu...Parler, c'est le moyen de donner un petit peu de
moi-même et le moyen de créer un peu de confusion." Entendez : donner un peu pour semer le plus de bazar possible, puis partir en courant avec l‘argent de l‘esbroufe.
Nicole, pour son prix Fayot, a beaucoup hésité entre Philippe Dagen, finalement lauréat, et Jean-Luc Chalumeau qui félicitait chaudement Cattelan d‘être Cattelan (voir le
débat sur le site www.schtroumpf-emergent.com). Mais il y a un autre concurrent plus sérieux sur les rangs.
Sa majesté Saatchi qui débine l’Art financier soi même, dans le quotidien The Guardian. Valérie Duponchelle s’en fait écho dans le Figaro du 7 décembre. Ce publicitaire fit le succès de
Mrs Thatcher, découvrit les futures stars de la Young British Artists (YBA) Generation, dont Damien Hirst.
Et que pense Saatchi de l’AC quand il se lâche ? «C'est le sport de la lie européenne (littéralement Eurotrash), des créateurs de hedge funds, des nantis des Hamptons ; des
oligarques à la mode et des rois du pétrole; et de marchands qui ont atteint un niveau de narcissisme masturbatoire» ; «Est-ce que ces gens aiment vraiment l'art? Ou est-ce qu'ils savourent
simplement le fait de reconnaître facilement des tableaux au label éclatant, achetés au vu et au su de tous et à des prix exorbitants dans les ventes aux enchères, pour décorer toutes leurs
résidences, sur terre et sur mer, dans l'intention d'en imposer par leur richesse et une attitude mortellement cool.»
Mais voilà qu’un troisième homme va peut-être postuler au prix Fayot de la meilleure critique d’art : l’ancien ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres est en garde à vue pour…financements occultes : aurait-il lui aussi dénoncé l’Art financier, ses délits d’initiés, ses conflits d’intérêt et tutti quanti ? Que nenni, il s’agit de l’Affaire Karachi. N’empêche, l’AC pourrait bien en être rendu à un point de rupture. Comme l’ancienne religion romaine quand deux augures, disait-on, ne pouvaient plus se regarder sans rire. Ce fut le début de la fin. C’est tout ce qu’on souhaite à l’Art financier pour 2012.
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Mardi 6 décembre 2011
La taxe Duchamp-Bourriaud (du nom de l’immortel auteur de l’urinoir et de Nicolas Bourriaud actuel directeur des Beaux-Arts ) est l’équivalent, pour le monde de l‘art, de la taxe Tobin. Ce lauréat du prix Nobel d'économie a préconisé, pour freiner la spéculation, de taxer les transactions financières. Sa taxe est recommandée par des experts soucieux de sauvegarder un peu de bon sens et d’équité, ( certains réunis sous l’appellation des « économistes atterrés » (cf leur site http://atterres.org/) se demanderaient même si… la finance mérite encore d‘être taxée !).
La Taxe Duchamp-Bourriaud est, elle, chaudement recommandée par les « contribuables atterrés » de l’Art Financier. En effet, Duchamp a proclamé, la formule est célèbre, « ce sont les regardeurs qui font les tableaux ». Nicolas Bourriaud a approfondi dans son livre Postproduction*, la portée de cette loi d‘airain de l‘AC : il y voit « l’émergence d’une culture de l’usage pour laquelle le sens naît d’une collaboration, d’une négociation entre l’artiste et celui qui vient regarder ». « Pourquoi le sens d’une œuvre ne proviendrait-il pas de l’usage qu’on en fait, autant que du sens que lui donne l’artiste ? » . Et Nicolas de citer Godard : « si un spectateur me dit : « le film que j’ai vu est mauvais », je lui dis « c’est de ta faute, car qu’est-ce que tu fais pour que le dialogue soit bon ? » . « Le remixeur est devenu plus important que l‘instrumentiste » poursuit Bourriaud, « la suprématie des cultures de l‘appropriation et du retraitement des formes induit une morale : les œuvres appartiennent à tout le monde. L‘art contemporain tend à abolir la propriété des formes, en tout cas à perturber les anciennes jurisprudences » . Et Nicolas n‘hésite pas à parler de « communisme formel » sic !
La cause est entendue : le pape de l’AC et son théoricien nous assurent que nous sommes propriétaires des œuvres d’AC car nous faisons les tableaux (pire, nous devons nous les
approprier), tout travail méritant salaire (surtout le travail imposé), il est « moral » que désormais le produit de chaque vente d’art très contemporain revienne pour moitié à
celui qui fait la moitié du travail, l’artiste qui commet un ready-made et décrète qu’un bidet est une œuvre d’art par exemple. Mais pour l’autre moitié, elle reviendra au peuple des
regardeurs ! Très souvent, ils sont déjà les contribuables qui ont subventionné, il s’agit donc d’un retour sur investissement propre à assainir la dette contractée par nos élites. Une taxe
très populaire que cette taxe Duchamp-Bourriaud, non ?
Soutenez-là, parlez-en à votre député !
Christine Sourgins
*Nicolas Bourriaud, Postproduction, Les Presses du Réel, 2003. Les citations sont extraites des p.11, 13, 29, 31 et 62.
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Mardi 29 novembre 2011
Le N°13 de la revue Écritique de novembre 2011 est paru.
Outre quelques "grains de sel" publiés, vous y trouverez :
Art et société
Du tabou du dessin dans l'enseignement des arts plastiques, Martine Salzmann
Werther, ou le statut de l'artiste, Yak Rivais
Artiste dans un hôpital gériatrique, entretien avec Colin Cyvoct
Londres, cats and dogs, Yak Rivais
Gérôme postmoderne ? François Derivery
La rubrique Ateliers
Chronique
Bientôt plus de censure, Michel Dupré
Bla-bla, enfumage et sanctuarisation de l'art contemporain, Pierre Lamalattie
Sur l'art dit "contemporain", Francis Parent
Document :
Culture de masse et exception culturelle, François Derivery et Claude Rédélé
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Mardi 22 novembre 2011
Cette semaine, une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise d’abord : Nicolas Bourriaud est nommé directeur des Beaux-Arts. Cet infatigable polyvalent de l‘art officiel est critique d’art, commissaire d’expo, théoricien, co-fondateur et ancien co-directeur du palais de Tokyo …il était chef de l’Inspection de la création artistique, il s’en va régenter les Beaux-Arts : pas sûr que les élèves reprennent le chemin des crayons et des pinceaux !
Dans son ouvrage Posproduction*, il donnait le recyclage et le piratage comme modèles artistiques adaptés à notre société tertiaire où « la question artistique n’est plus
« que faire de nouveau » mais plutôt « que faire avec ».(p.9) D’où le satisfecit donné à Mathieu Laurette artiste qui monte une banque off shore à l’aide d’une double
billetterie placée à l’entrée des centres d’art : il joue, s’enchante Bourriaud, « avec les formes économiques comme s’il s’agissait de lignes et de couleurs d’un tableau »
(p.8). Bourriaud est connu pour avoir théorisé l’Esthétique relationnelle grâce à laquelle l’artiste propose au public de… banquer, de faire du tricotin, de serrer la main des passants
dans la rue etc. « Les rencontres sont plus importantes que les individus qui en sont l’occasion » affirme ce grand humaniste qui ajoute que les travaux de l’Esthétique
relationnelle « organisent et matérialisent (des communautés temporaires) dans des structures qui sont autant d’attracteurs d’humanité » (p.45). Belle humanité que celle décrite p.70
« Il nous est devenu difficile de considérer le corps social comme un tout organique…pour les artistes …la société est devenue à la fois un corps divisé en lobbies, quotas ou communautés…
et un vaste catalogue de trames narratives ».
Bref, une société d’agglomérés comme le polystyrène, une banque de données dont l’artiste est rentier. Quand vous serez dans le rouge, allez donc expliquer à votre banquier que votre découvert est un grand moment de fauvisme… ! L’art contemporain, en fait d‘« attracteur d’humanité », est plutôt le parc d’attraction des oligarchies.
Bonne nouvelle : l’ouverture à Menton du musée Jean Cocteau…un artiste dont l’humanité est plus attractive, non?
*Citations tirées de N. Bourriaud « Postproduction » Les Presses du réel 2003
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Mardi 15 novembre 2011
Tout baigne....selon la Tribune de Genève de 3 novembre 2011
Une femme de ménage trop zélée a détruit à jamais une oeuvre d’art, a indiqué le musée de Dortmund, en Allemagne.« La
femme de ménage a retiré la patine d’une baignoire en caoutchouc placée sous des planches en bois empilées .«Il n’est plus possible de la remettre dans son état initial» cette installation de
l’artiste allemand Martin Kippenberger, aujourd’hui décédé, a indiqué une porte-parole de la ville de Dortmund. Baptisée «Quand des gouttes d’eau commencent à tomber du plafond», l’oeuvre était
assurée pour 800.000 euros. L’incident est survenu le 21 octobre. La technicienne de surface (était) employée par une société indépendante du musée. »
Comme on le voit il s’agit d’un drame de la sous-traitante : rien à voir avec une indignée anti-AC, ouf, tout baigne ! Sauf que :
« Ce n’est pas la première fois qu’une oeuvre d’art est sacrifiée sur l’autel de la propreté en Allemagne: en 1986, «Fettecke» (littéralement «coin gras»), une motte de beurre suintante de l’artiste allemand Joseph Beuys installée dans un musée de Düsseldorf, avait été elle aussi été «nettoyée» ». Et on pourrait multiplier les exemples…
Cette brave dame ferait merveille au Théâtre de la Ville où, paraît-il, il y a beaucoup de déjections à nettoyer. Mais la femme de ménage de Dortmund n’est pas seulement la solution à Castellucci : si une baignoire encrassée vaut... 800 000 euros nous avons aussi la solution de la dette. Pourquoi ne pas rembourser les méchants boursicoteurs qui nous étranglent en baignoires encrassées… puisque c’est l’Art financier dont-ils raffolent ?
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Mardi 8 novembre 2011
Tout va très bien, fin.
Tout va tellement bien dans l’Art contemporain, que la FIAC 2011 s’est complètement verrouillée…. Non contente d’avoir monté les tarifs d’entrée à 32€, il fallait cette année, outre une
carte de presse, une accréditation en bonne et du forme, bref on acceptait que les auteurs amis…ou bien La FIAC vous taxait de 32 euros. Les vilains blogueurs dehors : l’AC vous l’encensez ou
bien vous le financez. Ou vous la bouclez, circulez, y‘a rien à voir. C’est effectivement un « art » très démocratique. Le procédé est commode : on a guère parlé des états d’âme
des galeries françaises, sommées au dernier moment de céder une partie de leur stand pour faire la part belle aux galeries étrangères. Certaines se seraient fâchées (tiens, où est passée la
galerie Zürcher cette année ?) …
Le mouvement Occupy Wall Street, qui proteste à New York depuis septembre, a tenu à rendre explicite les liens entre « l’Art excessif » (ainsi nomment les chinois l’AC) et les
excès de la finance : c’est d’ailleurs une revue culturelle contestataire canadienne, Adbusters, qui par un poster imprimé en juillet dernier, appela à occuper Wall Street. Ainsi le
22 septembre, plusieurs activistes ont perturbé une vente de Sotheby’s à New York. Une jeune femme s’est levée pour dénoncer les profits de la maison de vente ( plus de 500 millions d’euros) et
l’augmentation du salaire de son PDG. Puis, un second manifestant exprima son soutien envers les manutentionnaires de la maison dont la grève en août (réclamant une hausse des salaires et des
embauches) avait été brisée par l’emploi d’intérimaires…. La vidéo est en ligne sur : http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/90117/quand-les---indignes---americains-s-attaquent-au-marche-de-l-art.php
A noter, l’ouverture d’un compte Twitter, @OccupyArtWorld qui reprend la démarche de Occupy Wall Street, appliquée à l‘Art Très contemporain dont le marché reflète la voracité des « banksters » …
Dans le royaume de l’AC, tout va très bien Madame la Marquise.
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Mardi 1er novembre 2011
Tout va très bien, suite.
My Artinvest.com se vante d’une idée de génie : ouvrir le marché de l’Art contemporain aux petits porteurs, ce qui est censé révolutionner et démocratiser le marché de l’AC. N’importe qui pourrait donc acquérir à faible coût des parts d’œuvres très contemporaines. Le principe est « calqué sur celui de la Bourse, le risque du crack financier en moins »sic. C’est curieux, Bernard Madoff disait exactement la même chose : « suivez-moi, vous ne pouvez pas perdre ». Chaque œuvre est donc divisée en 100 parts. « A partir de 5 parts achetées, l’acquéreur a le privilège de pouvoir exposer l ‘œuvre chez lui pendant un mois. » Là, l’opération ressemble à ces appartements vendus à la découpe ou mieux, à ceux vendus en temps partagé…dont les multipropriétaires ne savent plus que faire… Pour éviter cela, My Artinvest.etc propose à chacun de pouvoir revendre ses parts à n’importe quel moment pour réaliser une plus value…et laisse miroiter 200 à 400 % de bénéfices (mieux que Madoff ?). ..A vous Hirst, Murakami et consort…de quoi épater le voisin en lui agitant sous le nez « votre » Koons au moment de l’apéro….
Et tout cela « sans risque majeur», « sûr et lucratif »…comment en être certain au moment où, en Allemagne, une vaste escroquerie aux faux tableaux met en cause un des plus grands experts : «
même Werner Spies s’est trompé » ! Cet ancien directeur du Centre Pompidou de 1997 à 2000, érudit en surréalisme, spécialiste de Max Ernst, sera même entendu comme témoin au cours du procès qui
menace. La presse allemande le suspecte de « conflits d’intérêts en raison de ses multiples casquettes dans l’art », les authentifications erronées…étant rémunérées. Un faux
Max Ernst, dûment authentifié, fut vendu par une galerie qui… fit un don généreux au musée dont s’occupe le cher Werner… « pour la qualité de son travail ». Dans l’affaire rapportée par le
Monde ( 2 juillet 2011, p.22), les escrocs, qui ont encaissé 30 millions, « auraient acheté des tableaux. Des vrais »… Pas sûr qu’ils aient choisi la vente à la découpe genre My
ArtInvest.tralala. (notice de présentation :)cliquez)
Tout va tellement bien que la FIAC 2011 s’est complètement verrouillée…. pour éviter d’être perturbée comme certaines ventes de Sotheby’s ? Vous le saurez avec le prochain épisode de « Tout va très bien… dans l’Art contemporain ». A suivre…
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Mardi 25 octobre 2011
Tout va très bien....
Selon le Kunst Kompass, les artistes français ne pèsent que 3,7 % du marché mondial contre 31% pour les américains, autant pour les allemands et 11% pour les britanniques. Motif invoqué par Les
Echos ( du 20/10/11, p.25) : « l’art français est plus conceptuel alors que le marché ne l’est pas ».
Même si la FIAC 2011 enregistre un fléchissement de sa fréquentation, l’ambiance est à l’optimisme : le premier semestre 2011 fut le meilleur de tous les temps pour le marché de l’art, avec 4,3
milliards d’euros d’enchères dans le monde (toutes périodes artistiques confondues), soit +34% par rapport au premier semestre 2010.
La demande d’Art contemporain entre juillet 1010 et juin 2011, a enregistré un record historique mondial à 895 millions d’euros.
L’artiste premier au Top mondial, dans le rapport d’Artprice, est Jean-Michel Basquiat qui totalise 54 709 532 euros de produits des ventes aux enchères. Le premier français est 145ème : c’est
Robert Combas (777 431 euros).
Le rapport signale la progression de la dématérialisation du marché. « D’ici 5 ans la moitiés des ventes d’œuvres sur la planète pourraient être réalisées via Internet ». Autant acheter les yeux fermés car on sait bien qu’il y a souvent une grande différence entre l’œuvre réelle et sa reproduction informatique. Mais ceci n’a aucune importance pour les spéculateurs d’Art très contemporain qui n’achètent pas des œuvres mais des titres…(à suivre.)
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Mardi 18 octobre 2011
Le président Sarkozy a inauguré à Chaumont, Haute-Marne, le "Centre Pompidou mobile" , un musée itinérant qui présente 14 chefs d’œuvre, sur le thème de la couleur. La structure est démontable, le Mumo, tel un bibliobus de 16 m de long, ira porter l’art aux populations affamées de province puis poussera, l’esprit missionnaire aidant, jusqu’en…Afrique de l’Ouest. Si ! Ce poids lourd de l’Art contemporain a coûté 2,5 millions d’euros. Chaque étape coûte 400 000 euros, financée par les collectivités locales, les mécènes et le ministère de la culture, c’est-à-dire le contribuable.
Mr le président a regretté qu'un Français sur deux "n'aille jamais au musée", "c'est une véritable fracture", pour lui, pas d’opposition entre culture et économie, ce qu’il a abondamment démontré en demandant à tout bout de champ : combien ça coûte ? Admirant le monochrome orange de Klein, il s‘est exclamé : « Ça, c’est plusieurs millions »… L’Art financier existe, Sarkozy l’a rencontré.
Il suffit de regarder la tronche du Mumo « aux couleurs de Daniel Buren », surmonté du « Red Rabbit » de Paul Mac Carthy.… pour en être sûr : le Mumo a posé un lapin à la culture…
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Mardi 11 octobre 2011
La 10ème Nuit Blanche a battu son plein samedi dernier à Paris.
Aude de Kerros l’a vu pour nous et analyse " What next ? Une image pieuse de la post-modernité":
http://www.magistro.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1029&Itemid=246
Je donnerai samedi prochain 15 octobre à 9h30 une conférence sur « La beauté en question » dans le cadre des rencontres « L’artiste contemporain et
sa mission » organisées au sanctuaire de Montligeon (près d‘Alençon). Histoire de remettre les pendules à l’art…après " What next ?"
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Mardi 5 octobre 2011
Quelques remous suite à la nomination de Mme Pégard, ancienne journaliste puis conseillère du Président, à la tête du château de Versailles en remplacement de Mr Aillagon. Mr Gervereau, président du Réseau des musées de l’Europe, s’émeut (cf le Monde du 6 septembre ) : cette nomination représente pour lui un « pantouflage culturel » et sous-entend que « la direction d’établissement patrimonial n’est pas (n’est plus) un métier, que n’importe quel journaliste non spécialisé ou n’importe quel technocrate peut prétendre à ce type de poste ». Bref diriger Versailles ou un grand monument ne constitue plus le couronnement d’une carrière au service du patrimoine mais sert maintenant de « récompenses aux courtisans », alors que « les professionnels culturels se trouvent mal payés, travaillant beaucoup, sans aucune perspective de carrière »… Qui est donc Mr Gervereau, que Le Monde publie sans sourciller , comme le CNRS (Vous avez dit musées ? : tout savoir sur la crise culturelle un ouvrage de Laurent Gervereau )? Un haut fonctionnaire européen ? Son site le présente comme très proche des milieux situationnistes et libertaires…. membre du Collège de Pataphysique…ce qui n’ôte rien à la pertinence de son propos versaillais…et le rend même apte à mesurer l’ubuesque de la politique culturelle !
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Mardi 27 septembre 2011. La censure revient régulièrement dans les articles de journaux (1), qui informent le public d’une mutation de la censure de grand-papa. Celle-ci n’est plus
maintenant le fait du pouvoir institué….mais de « lobbys ». Puis on prévient qu’un danger plus grand que la vieille censure étatique nous menace : l’autocensure.
Que la censure ne soit plus le fait de l’Etat, devrait réjouir, mais au lieu de se féliciter de cette neutralité… les thuriféraires de l’Art- Provocateur-Professionnel lancent un appel du pied
aux pouvoirs publics : qu’ils reviennent donc prendre parti ! Mais aux côtés des censurés, présentés comme d‘innocentes victimes. L’Art contemporain, au pouvoir depuis 30 ans, fait semblant de
ne pas l’avoir pris et crie au martyr dès qu’on proteste.
« Lobbys » est en général le nom présentable de « corruption » mais ici il s’agit souvent d’associations diverses et variées dont on sait qu’elles sont une spécificité française. Nul ne se plaindrait de cette solidité du tissu associatif. L’Art Officiel si, orchestrant une réapparition du thème du complot : d’affreux réactionnaires manoeuvrent dans l’ombre contre ce « fragile » Art Financier, comme si celui-ci n’était pas soutenu par l’Etat, allié aux grands collectionneurs et à la grande presse !
Prenons un exemple. Le Piss Christ de Serrano provoque manifs et procès. Un attentat est organisé. Pour DSK on nous a seriné « la présomption d’innocence » mais ici les réputés
« intégristes » sont montrés du doigt sans preuve ! Des mois plus tard, les vandales courent toujours, cela devrait conduire la presse à plus de prudence mais non.
L’argument massue ? Les réputés « intégristes » protestaient contre Serrano ; l’œuvre de Serrano est attaquée : donc c’est eux ! Bref « à qui profite le crime » suffit pour
condamner. Or justement, ce type d’action musclée ne profite pas du tout aux protestataires en vertu du principe de l‘amalgame : tous ceux qui protestent dans le même sac ! C’est ainsi que
l’association qui en appelait à la justice, fort démocratiquement, à été ….lourdement condamnée ! Mais Le Figaro vend la mèche : « les artistes eux-mêmes ainsi que leurs galièristes,
jouent sur le scandale et la menace de censure pour faire monter la côte de leurs œuvres. A ce jeu le grand collectionneur Saatchi est l’un des maîtres… ». Dans ces conditions que les
vandales soient des gens appointés par les pro Serrano ne peut être exclu.
A propos du blasphème, précisons qu’en France, et c’est heureux, la liberté d’expression ne le réprime pas. Ce qui ne signifie pas d’ailleurs que la communauté visée soit obligée au
mutisme, interdite de réponse, à condition, bien sûr, d’échanger des arguments et non pas des horions, bref de rester dans le débat démocratique. Mais là où le bât blesse c’est quand,
sous couvert d’art, le blasphème exige d’être financé sur fonds publics. C’est exactement ce qui a déclenché aux USA les « guerres culturelles ». Au bout de 10 ans les
américains ont tranché : la provoc est tolérée mais elle n’a pas à se faire financer par le contribuable. C’est la seule façon pour le multiculturalisme de pouvoir vivre : tout est possible
mais personne ne doit obliger l’autre à souscrire à ses idées via le porte-monnaie. En ce débat, la France retarde.
En réalité, les artistes d’AC, petits ou grands, n’hésitent pas à ce comporter comme les lobbys qu’ils dénoncent : à la moindre critique, ils tentent un procès ! Certains dissidents de l’Art contemporain le savent bien, telle Évelyne Tschirhart qui avait critiqué le travail d’un artiste d’AC auprès de collégiens suite à un reportage télévisé, son article fut publié dans une revue puis repris sur son blog (2). L’artiste, ulcéré de ne pas être encensé, l’a harcelée de courriels, de lettres recommandées puis l’a menacée d’un procès par avocat interposé. Le directeur de la revue, comme l’hébergeur du site, ont heureusement mis bon ordre à cette atteinte flagrante à la liberté d’expression en rappelant l’article 6 de la Loi n°2004-575. Ce que veulent les artistes d’art très contemporain c’est le monopole de la critique, de la provoc et de la transgression réunies.
L’éclatement de la société rend difficile de s’entendre sur un consensus, sur des valeurs commune pour vivre ensemble. Beaucoup des citoyens qui s’inquiètent et pétitionnent contre l’AC ont compris qu’il est, pour reprendre l’expression de Jean Clair, « une vidange généralisée des valeurs ». Quand toutes les valeurs sont lessivées, il n’en reste qu’une seule intacte qui devient la mesure de toute chose : l’argent roi.
Quand à l’autocensure ce peut être le nom gentil de « lâcheté ». Les barons de l’AC ne veulent pas mettre leur peau au bout de leurs concepts. Ils veulent faire un coup médiatique comme on fait un coup financier à la Bourse : passer à la caisse sans coup férir ! Transgresser à l’aise, pratiquer la « provoc » confortablement, avec l’assurance tous risques de l‘Etat providence ! Oui, il y a des rentiers de la provocation. C’est une niche fiscale non répertoriée : provoquer peut rapporter gros…et sans taxation possible.
La morale, se relooke en Éthique, (c’est plus chic), c’est aussi, plus trivialement, ce qui permet à une société de ne pas exploser, lui évite, bon an mal an, de revenir à l’état de Barbarie.
Quand à l’autocensure, le débat est mal posé. Quand un locataire se retiens d’étrangler son voisin qui fait du bruit à 2 heures du mat, c’est bel et bien de l’autocensure, mais est-ce
condamnable ? Quand madame Mouillefarine du Figaro écrit « grand maîtres » à propos de Kons et consorts, on se dit qu’un peu d’autocensure, c’est-à-dire de retenue dans la flatterie,
n’aurait pas desservi son propos.
Il est à craindre que le retour périodique du thème de la censure en art serve de rideau de fumée destiné à détourner l’attention. Le vrai débat est ailleurs : quand les journalistes scientifiques se retiennent de critiquer Servier dans une revue censée informer les médecins parce que, sinon, Servier va couper la manne de la publicité ! Là gît l’autocensure monstrueuse, tueuse, la vraie censure contemporaine !
(1) Le Figaro Madame du 20 Septembre 2011, p.122 à 124.
(2) Voir Tschirh-Art.com : http://tschirh-art.com/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=41&Itemid=77&lang=fr
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Mardi 20 septembre 2011
C'est toujours la rentrée...le moment de réviser nos "classiques". "L'art s'explose" est un documentaire consacré à l'Art financier ( 1h35) de Ben Lewis. Il est passé sur Arte, le jeudi 19 novembre 2009, à 22h35. Une de nos correspondantes l'a retrouvé sur Internet, fractionné en 5 épisodes.
Au cas ou vous ne puissiez ouvrir les 4 et 5, vous les trouverez sur le site de daily motion....: http://www.dailymotion.com/video/xbc5g1_l-art-s-explose_news et
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Mardi 13 septembre 2011
Première bonne nouvelle de la rentrée : la mobilisation citoyenne a eu raison de Mr Aillagon qui s’en va, officiellement terrassé par la limite d’âge. Mais le maître du Château espérait bien une rallonge, un privilège…il y croyait tellement qu’il n‘hésitait pas à interdire (même les rois n’osèrent pas) l’entrée de la « Grille du Dragon » aux versaillais. Les manants pétitionnèrent de plus belle… Après Koons, Murakami, Venet et autres consorts blink-blink…le gouvernement s’est lassé d’un fonctionnaire expert dans l’art d’être impopulaire.
Deuxième bonne nouvelle, les conférences d’histoire de l’Art reprennent à l’Atelier 43, une ancienne grange nichée 43 rue de Paris, dans St Germain en laye, à 8 mn du RER A.
En 2011-12, au programme :
Le cycle « Les tribulations de l’art », qui s‘étendra désormais sur 2 ans: ce panorama, qui va de Manet aux disciples actuels de Marcel
Duchamp, montre que l’histoire des avant-gardes n’est pas aussi limpide qu’on l’a cru. Une histoire riche en rebondissements, non-dits, pour renouer avec toute une continuité historique
souvent occultée.
« A pied d’oeuvre » est un cycle qui explore des thèmes précis comme « L’arbre à travers la peinture, d’Adam à Mondrian », pour mieux réapprendre à voir, à « lire » une œuvre ; on y traitera aussi d’enjeux brûlants : « Art contemporain : l’artiste, le spéculateur et le contribuable… », « Y -a-t-il encore des critères de Beauté dans l‘art ? », etc. Les conférences sont indépendantes mais se complètent ; programme complet sur le blog : cliquer ici.
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Mardi 12 juillet 2011
Le "Grain de sel" s'absente...
Bonnes vacances ! A bientôt.
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Mardi 5 juillet 2011
Morellet : art du néon, art du néant
Morellet au Louvre avait agréablement surpris : son travail sur la fenêtre et l’ovale dans l’escalier Lefuel tranchait, par sa sobriété et sa justesse, avec les interventions tapageuses de ces collègues d‘Art dit contemporain, quand ils « s’attaquent » au patrimoine . Mais sa 455e exposition personnelle, qui vient de s’achever au Centre Pompidou, laisse dubitatif.
L’artiste y montrait des installations réalisées avec son matériau de prédilection, les tubes de néon, mais aussi avec des moyens variés : rubans adhésifs, morceaux de bois, tas de sel, plaques de métal... Conçues à l’origine pour un endroit précis, ces œuvres étaient destinées à disparaître à l'issue de la manifestation qui les avait engendrées. C’est le jeu, l’intérêt, la saveur et la grandeur de tout art éphémère. Pourquoi donc, si « la qualité la plus spécifique d'une installation, c'est d'être éphémère » , réinstaller vingt-six d'entre elles au Centre Pompidou ?
Le dossier de presse en ligne l’avoue (1): « Ces installations ne figurent presque jamais dans les catalogues des expositions dont elles font partie : les délais d'impression étant trop longs pour reproduire des photos in situ…». Bref, il s’agit de bétonner le corpus de l’artiste…de consolider une cote…Le musée se glorifie même de l’artificialité de la démarche : dans ces réinstallations « réside une grande contradiction liée au fait qu'elles doivent se plier aux contraintes du lieu. Ici, au Centre, les contraintes brillent par leur absence, une absence de mur et de plafond. Il a donc fallu « construire » des contraintes, des cimaises qui évoquent les différents espaces ayant vu naître chacune des installations réactivées. » Pour justifier ce retournement de veste muséographique, les pro de l’AC n’hésiteront pas à entamer leur credo : Rien n’existe, tout se transforme.
Dans un entretien avec Alfred Pacquement, Morellet prouve qu’un bon usage de l’éphémère conduit à la postérité : « Quand une installation comme celle de mes « néons pleureurs » est achetée, par exemple, par le Centre Pompidou, elle devient alors une oeuvre, et postule à l'immortalité. »
Son autre but est « d'occuper l'espace« , (sic) et là, tous les moyens sont bons, comme « des environnements faits de tubes de néon clignotants, parfois d'une grande agressivité visuelle » ou « des tableaux entièrement blancs disposés sur le mur donnant l'impression d'un grand désordre et dont il faudra découvrir le principe » bref, de quoi sidérer le pékin de visiteur.
Pacquement essaye d’élever le débat : « Les titres de vos oeuvres sont parfois figuratifs, parfois mystérieux. Ce sont aussi des jeux de mots. Est-ce une
contribution littéraire à votre oeuvre plastique ? »
Réponse de Morellet : « oui, pourquoi pas ? Mes titres peuvent même plus facilement porter un message que mes oeuvres… qui n'en ont pas ! »
Il suffit de lire, par exemple, un catalogue d’Art curial de 2008 pour voir comment Morellet dénie toute dimension symbolique, mystique ou métaphysique, à ses travaux. Dégraissée des
caprices de la subjectivité, l’œuvre doit résulter de l’application d’un système programmée qui ne désigne rien d’autre que lui-même.
Morellet, artiste tout néant tout flamme, a réussi à mystifier un dominicain, comme le rapporte le Figaro dans un article intitulé « François Morellet : que la lumière soit ! » sic : « Dans les vernissages rive gauche de la galerie Kamel Mennour, se trouve parfois un visiteur inattendu. Frère Marc est de la communauté des frères dominicains du couvent de la Tourette.. »(2) . Pendant la Biennale de Lyon de 2009, pour fêter le cinquantenaire du couvent, le Frère invita Morellet à oeuvrer !
Le pire est à venir. A la question « Le néon intervient constamment dans votre oeuvre. Comment l'avez-vous découvert ? ». Morellet répond que, dès le début des années 1960, lui et ses amis étaient persuadés « que le règne de la peinture, des tableaux et des sculptures était fini, condamné à jamais. Nous étions passionnés par les matériaux modernes qui n'étaient pas encore trop « pollués » par l'art traditionnel ». Ces artistes officiels n’ont pas seulement occupé le terrain grâce à un provisoire qui dure…ils ont aussi pratiqué la terre brûlée, se répandant en invectives méprisantes pour un art qu’ils abandonnaient, contre des artistes qui avaient choisi, eux, la continuité historique de la peinture et de la sculpture. Ceux-là n’en sont pas à leur 455ème expo personnelle ; et Frère Marc, qui préfère le « néon pleureur », les ignore… (Pastorale des petits fours ?)
Christine Sourgins
(1) http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/79D12BE7B900936CC12577E50038C91D?OpenDocument&L=1
(2) Le Figaro 19 avril 2011 article de V. Duponchelle.
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Mardi 28 juin 2011
Versailles aillagonise, suite…
La revue de défense du consommateur « Que Choisir » vient de publier dans son numéro 494 un essai comparatif portant sur 386 sites culturels (1).
Que choisir commence par rappeler ce que nous répétons depuis des années : « Selon une étude nationale portant sur les retombées économiques et sociales du patrimoine, 1 euros
investi dans ce secteur générerait de 10 à 95 euros de retombées directes ou indirectes selon les zones touristiques… ». Bref la culture n’a pas à être traitée comme une parente pauvre,
qui coûte et ne rapporte rien, envers laquelle l’Etat consentirait une forme d’assistanat, charité qui le dispenserait de toute critique.
La RMN, réunion des musées nationaux, basée sur la mutualisation des ressources, les recettes des grands servant à aider les petits, « a volé en éclats et le « chacun pour
soi » est désormais la règle. Le Louvre est ainsi devenu le premier site culturel mondial avec plus de 8,5 millions de visites en 2009. Il est suivi par Versailles (3ème avec 5,7 millions
), le centre Pompidou et Orsay (respectivement 9ème et 10ème). Face à ces musées d’envergure internationale, de plus en plus riches, de plus en plus puissants, le dénuement des
« petits » est d’autant plus flagrant ».
La fracture est aussi territoriale, le fossé se creusant entre Paris et les régions. « De même le rajeunissement du public et l’ouverture sociale n’ont pas été au rendez-vous, loin
s’en faut. Selon une étude du ministère de la Culture, le pourcentage des ouvriers ayant visité un musée au cours des douze derniers mois est passé de 23% en 1989 à 15 % en 2008. Même chose
pour les agriculteurs, dont la proportion a chuté de 22 à 17 % ».
Les grands musées, devenus quasiment autonomes, se comportent comme n’importe quelle « pompe à fric » ; ce qui, en termes plus châtiés, s’exprime ainsi : « depuis 10 ans,
le prix des billets est monté en flèche : plus 35 % pour le Louvre, plus 113% pour Versailles, plus 160 % pour le Centre Pompidou. Sans pour autant entamer la fréquentation grâce à une
clientèle captive de touristes aisés, français ou étrangers, qui forment l’immense majorité des visiteurs »
« Comme partout ailleurs, le diktat de l’économie quantitative prime sur la notion de service public ». Le grand perdant est le grand public. « Dans les sites patrimoniaux
qui encouragent la sur- fréquentation par tous les moyens, la visite, même en semaine et hors saison, relève du parcours du combattant ». Versailles, à ce titre, devient un cas d’école
mention « victime de son succès ». Tarifs trop élevés et opaques (c’est tout juste si Que choisir ne parle pas de vente forcée quand, les jours des grandes eaux, le tarif est augmenté
d’office qu’on y assiste ou pas). Le pire est à venir, dénoncé également par un article du Parisien du 16 juin : « Certains jours c’est deux à trois heures d’attente pour les visiteurs
individuels… » c’est mieux pour les groupes, « quarante à quarante-cinq minute de retard ». Le « surbooking » n’est pas loin. Bousculade et brouhaha, le palais
ressemble au métro à l’heure de pointe, certains visiteurs ne voient…que les plafonds ! Les expositions temporaires sont montrées du doigt et « Que choisir » rejoint le Parisien
: le « parcours du combattant se poursuiv(ant) dans les grands appartements, encombrés par une exposition de trônes. Sans compter qu’ils gênaient la circulation, ces lourds objets
gâchaient la perspective de la galerie des glaces »…Versailles obtient, outre une 3ème place mondiale, « la palme du monument le plus mal géré ». Merci qui ?
Mr Aillagon, dans un musée hypersaturé, attire les badauds : on sait que ceux-ci se précipitent à la moindre toile froissée, Mr Aillagon leur organise des accidents culturels et ils vont
roder aujourd’hui autour des carcasses d’acier corten. S’agit-il de servir Versailles ou la culture ou de soigner sa carrière en apparaissant comme « l‘homme qui déplace les foules »
? L’exposition sur les trônes, moins légitime qu’il y parait (à Versailles on ne mettait guère en valeur le trône… car c’était la personne du Roi qui était mise en scène), pêche surtout
par sa tenue hors d ‘une salle dédiée, ce qui fut source de pagaille.
Voilà qui devrait devenir une règle d’Or : les expositions temporaires… doivent se dérouler dans des salles idoines… Arrêtons de livrer les monuments historiques aux égos surdimensionnés
des gestionnaires, sinon il faudra pousser les murs. Et Versailles continuera d’Aillagoniser….
(1) « Valorisation à deux vitesses » , p. 46 à 54.
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Mardi 21 juin 2011
Un article de Pierre Grégory, dans le dernier numéro de la revue Commentaire nous livre la vérité sur l’évolution du marché de l’art en France.
Le marché de l’art se caractérise non seulement « par l’ampleur des bénéfices que peuvent dégager les professionnels en peu de temps » mais encore par une « forte asymétrie
d’information entre les acteurs » : d’un côté les vendeurs, « souvent des particuliers peu compétents sur ce marché ésotérique », de l’autre les acheteurs,
« souvent des marchands, des professionnels bénéficiaires de l’asymétrie d’information » .
Un marché si complexe où se retrouvent face à face des acteurs permanents et puissants face à des acteurs ponctuels incompétents « présents sur ce marché soit à la suite d’un décès, soit
parfois obligés par des contraintes financières de se défaire d’objets aimés, doit absolument être régulé. C’est donc bien à l’Etat de protéger les faibles et les petits en garantissant la
présence d’arbitres efficaces ». Henri Mercillon, grand spécialiste du marché de l’art, avait donc, en son temps, préconisé que les commissaires priseurs restent des « officiers
ministériels dont le monopole se trouvaient justifié par la nécessité de protéger les vendeurs ».
Mais au prétexte qu’une concurrence est toujours préférable à un monopole…les commissaires priseurs ont perdu leur monopole. Le résultat fait frémir : « il y a trente ans, l’intermédiaire de vente publique prévalait 22%. Il prélève aujourd’hui 36 %. La ponction des intermédiaires en ventes publiques a donc augmenté de 63% » ! Sans compter que « les ententes, parfois qualifiées de « révision », y sont nombreuses »… Une réforme du Conseil des ventes volontaires s’impose…« pour garantir la protection des vendeurs ainsi que la transparence des échanges »…
Sinon la main invisible du marché, qui est une main crochue, n’a pas fini de faire main basse sur le patrimoine des citoyens…
A lire aussi dans ce N°134 de Commentaire :
« Culte de l’avant-garde et culture de mort » par Jean Clair, version élargie d’une conférence prononcée dans le cadre du Parvis des Gentils en mars 2011 et qui critique allégrement
la politique culturelle de l’Eglise envers l’avant-garde artistique.
- « Pierre Lamalattie et Michel Houellebecq » un article .. de Ch. Sourgins qui commence ainsi :
« Paris Match prétendant avoir retrouvé le héros de Michel Houellebecq dans «La carte et le territoire» en la personne de Pierre Lamalattie, une visite s’imposait à la Galerie Blondel où le peintre exposait. Pierre Lamallatie fut effectivement pendant vingt ans le complice de l’écrivain, au point d’avoir édité ensemble la revue littéraire "Karamasov" et incarné un artiste fou dans un film tourné par le futur Prix Goncourt.
Mais est-il le modèle esthétique du fameux Jed Martin ? »
Pour lire la suite, se procurer le N°134 de Commentaire cliquer
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Mardi 14 juin 2011
Venet, le Bernard-limite de la sculpture
Versailles aillagonise, en 2011, c’est Venet qui s’y colle, Bernar de son prénom, mais sans « d », c’est plus chic, quoique consonnant toujours dangereusement avec le fameux « nanar » qui désole nos écrans.
Dans le dossier de presse de Versailles l’homme se vante d’avoir commencé sa carrière en peignant au goudron puis en exposant une sculpture composée d’un simple tas de charbon, autrement dit
libérant l’œuvre des contraintes de la composition : bref, un bernard-limite de la sculpture. Le crustacé s’est aussi lancé dans la musique concrète : « je prends une brouette, lance un
enregistreur à cassette et tourne en rond avec la brouette, j’obtiens un son monotone, très répétitif et ce sera l’équivalent auditif du goudron » sic ! (1) Les services du ministère
nous claironnent, eux que Nanar, pas fier, « s’empar(e) de New-York en 1966 » et par la même occasion de l’art minimal et conceptuel. Il en conçoit un programme qui prévoit
d’arrêter sa carrière artistique en 1971 (Clin d’œil à Duchamp). Notre Bernar, qui se vante d’un « bac niveau moins 2 », ira donc pendant ce temps là, enseigner à la Sorbonne : voilà
un sculpteur habile, sinon dans les formes, du moins dans la recherche des appuis ; il n’aura aucun mal à épouser une riche américaine (clin d’œil à Marx Ernst épousant Peggy Guggenheim).
Bernar s’incruste donc à New-York et devient alors un « afreu » = artiste financier, résident aux états-unis ».
Malheureusement pour Louis XIV, le Bernard-limite ne tient pas son programme et repique au marché de l’art, fournissant des œuvres minimalistes, aux formes aléatoires, avec prétextes mathématiques pour épater le bourgeois, mais qui ont la rigueur et la profondeur spirituelle de la brouette concertante.
Nanar a trouver le filon, « la misère formelle compensée par le gigantisme ». Il y a même une usine entière dans les Balkans exclusivement dédiée à sa production dont la « dimension n’est limitée que par les problèmes de transport ». Mais que font les écologistes ! Voilà un art qui bafoue le développement durable, à quand la taxe carbone sur les délires de l’Art contemporain ? Car enfin, à Versailles pour soutenir les 60 tonnes d’acier corten de 22 m de haut « il a fallu dépaver la cour pour y poser une résille métallique destinée à ancrer la sculpture »(2). Sa première idée, installer, coté jardin, les côtes de diplodocus en corten « s’est révélée d’une difficulté technique colossale : il fallait une sous-structure de près de 10 tonnes d’acier » pour faire tenir l’œuvre sur un sol meuble. D’où le budget avancé de 2,5 millions d’euros (3)…pour mettre la statue de Louis XIV entre parenthèses ferrugineuses.
L’ambition, selon le dossier officiel, est de nous « faire redécouvrir » Versailles, quitte parfois à s’inscrire en opposition avec son dessin…(et à placer) un effondrement d’arcs entre le bassin d’Apollon et le Grand Canal, sorte d’épave non pas informe mais informelle ». Il faudra que Bernar explique la différence entre informe et informel au Monde, le journal n’a pas compris, au point d‘écrire que : « l’effondrement évoque un tas de fagots oubliés par un jardinier négligent »… N’est-ce pas plutôt une fine allusion à la toute première œuvre de Nanar « une performance où on le voit couché au milieu de détritus » ? 50 ans après, elle enchante toujours le commissaire de l’exposition, Bernard (avec un d) Marcadé. Même la presse amie a du mal à avaler les couleuvres de corten : Le monde est bien mal inspiré quand il évoque les « Lignes verticales » que le Bernar-limite a aussi incrustées dans la perspective de Marly : « le domaine de Marly a été récemment restitué au château de Versailles. L’installation d’une telle borne est un excellent moyen pour M. Aillagon de marquer son territoire ». Marquer son territoire comme un vulgaire animal ? Vraiment le Monde n’est guère courtois. « Direct matin » ne s’en tire pas mieux en s’extasiant sur : « ses arcs courbés (qui) mettent en relief les perspectives rectilignes du château »(4). Tiens, des arcs courbés ? Vous connaissez des arcs droits ?
Voilà ce qu’on gagne à s’enticher du « nanart » contemporain !
Christine Sourgins
(1) Excellent article de Nicole Estérolle in Artension N°107, p. 96.
(2) Le Monde 31 mai 2011, p.23.
(3) Le Monde 2 et 3 avril 2011, p 32.
(4) Direct-matin, 7juin 2011, p.26.
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Mardi 7 juin 2011
A signaler la parution d' éCRItique 12
Revue semestrielle d’arts plastiques
Théorie / Pratiques
1er semestre 2011
*
parution : juin 2011
Plus d'infos, commandes et abonnements sur : http://ecritique-revue.over-blog.com/
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"Les tribulations de l’Art,
du moderne au
contemporain :
la peinture au XX ème
siècle" etc.
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Prochaine chronique radio : jeudi 24 mai
au Libre Journal d'Aude de Kerros de 12h à 13h30
rediffusion à 16h et 0h. Sur 95.6 FM.
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